La compagnie des Luthiers

Créé en 2004 par Aurélie Youlia, la Compagnie des Luthiers a été fondée à l’occasion d’un projet de spectacle musical en collaboration avec une autre compagnie.

La Compagnie des Luthiers a été réactivée en 2015, pour le spectacle « Rosas Leben-Kabarett », cabaret poétique et politique franco-allemand avec des chansons et textes de grands auteurs du répertoire classique. Un projet est en cours, « Martin ou le mal de mères », un texte d’une auteure contemporaine, avec quatre comédiennes.

La compagnie est tournée vers un théâtre de texte, où la musique, la narration et les personnages sont au centre de l’acte théâtral.

Les activités de la compagnie :

  • mise en scène de productions théâtrales et musicales, contemporaines ou classiques
  • ateliers dans l’enseignement supérieur (écoles d’ingénieurs)

Au début, donner une voix aux déplacés, aux empêchés, sonder l’errance, les oubliés. Puis l’écriture de textes dramatiques et de récits sur les sans-abris et l’errance, et la réalisation d’un Atelier de Création Radiophonique (France Culture), mais aussi des textes sur les migrants et la pédocriminalité.

La nécessité de créer une compagnie de théâtre, la Cie des Luthiers, afin de mettre en œuvre ces travaux avec le besoin vital de témoigner, ne pas laisser ces voix disparaître, s’anéantir. Femmes en quête, hommes et femmes à multiples facettes entre personnages et témoins de leur temps. Toujours très documenté, avec une oralité forte, une âpreté et une construction dramaturgique très précise, ciselée.

A cela s’ajoutent un texte musical sur les voyages de Chopin à travers l’Europe et les échanges avec des artistes de son temps.

Pour donner davantage de visibilité à ces témoignages en errance, paroles amorçant une traversé avec leur humour et leur poésie, la réalisation d’un film documentaire sur les espaces de jeux des acteurs.

Puis avec la compagnie, il y a eu ensuite un cabaret poétique et politique aux croisement de différentes disciplines (textes, chansons, marionnettes…) pour raconter le parcours d’une femme de cabaret déchue comme témoin d’un fragment d’être qui veut se libérer du poids du monde.

A présent deux projets de théâtre en cours, une tragédie familiale entre trois générations de femmes entravées, imbriquées dans leurs contradictions et un diptyque – deux pièces en un acte de Feydeau et de Courteline avec des scènes de ménages mémorables et hilarantes qui virent au cauchemar burlesque. A cela s’ajoute l’écriture d’un récit sur la famille et ses origines.

Voix qui circulent, vibrent, enflent, voix singulières, éclatées, atomisées, sidérées, dans un dedans-dehors perpétuel, une humanité traversée par tant de vies et d’empêchements.

Projets en cours

4h du matin… chez Georges, Scènes de ménage

Composé de deux pièces en un acte :

La peur des coups de Georges Courteline et Feu la mère de Madame de Georges Feydeau

Mise en scène : Pierre Puy
Avec : Hervé Jouval, François Kergourlay, Pierre Puy, Aurélie Youlia
Décors : Claude Pierson (Les Ateliers Décors)
Costumes : Agathe Gudefin
Production : La Compagnie des Luthiers
Résidence : Théâtre de la Girandole (Montreuil, 10-17 mai 2021)
Calendrier : les vendredis à 19h, du 3 décembre 2021 au 11 mars 2022 (relâches les 24 et 31 décembre 2021) et les 20 et 21 décembre 2021 à 19h au Théâtre Darius Milhaud, 80 Allée Darius Milhaud, 75019 Paris, M° Porte de Pantin

Présentation

Présentation

4h du matin… chez Georges est un diptyque dont les scènes de ménages mémorables et hilarantes virent au cauchemar burlesque.

Deux pièces, deux actes. Un seul acte pour chaque auteur, mais la grande machine du Vaudeville est toujours là avec ses jeux de mots, ses quiproquos, ses astuces diverses, qui concentre la folie et la fureur. Parce que ce qui caractérise ces pièces c’est la violence des échanges et des enjeux. 
C’est aussi un travail musical, rythmique, sur la langue, les corps qui bougent, les pas et le bruit que font les objets. Le vaudeville c’est du rythme pur. Les prémices du burlesque cinématographique (Chaplin, Keaton…) sont dans ce vaudeville-là.
 Pour les actrices et acteurs, ce théâtre demande la même âpreté, la même sincérité que le théâtre de Sophocle ou d’Eschyle. La même dépense athlétique. C’est un théâtre du paradoxe où se tend un ressort tragique qui conduit à la débandade.

Deux pièces en un acte :

La peur des coups (1894)

Un couple rentre de bal et se dispute au sujet d’un militaire, un « pousse-cailloux », qui a fait la cour à Madame. Une saynète de trois pages.

« Un acte, un seul acte, voilà ma mesure », disait Courteline. D’ailleurs c’est Antoine, quand son « Théâtre-Libre » n’est encore que dans la salle des Menus-Plaisirs, boulevard de Strasbourg, qui lui commandera sa première pièce. Dans le répertoire du Théâtre-Libre il est accompagné de Tolstoï, Balzac, Ibsen… Il cesse d’écrire très tôt également en 1912 (il a 54 ans lui aussi). Il mourra en 1929.

Feu la mère de Madame (1908)

Un homme rentre de goguette au milieu de la nuit, il a oublié ses clés, il réveille sa femme, dispute ! Le nouveau domestique de la mère de Madame vient annoncer son décès, crise ! Justement il est nouveau et s’est trompé de porte : c’est la voisine qui a perdu sa mère ! Re-crise et re-dispute ! C’est court et simple. Un acte mais la grande machine du Vaudeville est toujours là avec ses jeux de mots, ses quiproquos, ses astuces diverses… C’est à la fin de sa vie littéraire que Feydeau fera court. Il n’écrira bientôt plus (en 1916, il a 54 ans et mourra en 1921) de plus en plus en proie à des crises de démence syphilitique. Et c’est la crise conjugale qui ouvre cette dernière période où son théâtre se fait de plus en plus « psychologique », où l’analyse des caractères se fait de plus en plus fine.

Martin ou le mal de mères

D’Irène Helbing
Mise en scène : Pierre Puy
Avec Flore Lefebvre des Noettes, Aurélie Youlia, Sophie Neveu, Sabrina Baldassarra

Lectures scéniques au théâtre du Gouvernail (Paris), SACD (Paris) et Théâtre de Belleville (Paris)

Quelques réflexions pour une mise en scène

« Cette pièce d’Irène Helbing est une fable réaliste et fantastique comme on en raconte dans les pièces de John Milton Synge, ou dans les films de Buñuel. Cette étrange fable évoque en ses prémices “Sonate d’automne” d’Ingmar Bergman : une mère et sa fille sont prises dans des rapports mère/fille inextricables, qui est mère, qui est fille ? La fille enquête et interroge ses ancêtres femelles, comme dans les contes la courageuse Fille agrippe leurs mots, interroge, ressuscite ces voix sinistres qui résonnent entre cauchemars, rêves et réalité. Seule, la Fille reconstruit une hypothèse autour de Martin, et de sa famille, vraie ou non cette reconstruction la mènera vers un avenir dansant ; léger, libéré, enfin. »

Flore Lefebvre des Noëttes

Quelques réflexions de mise en scène

par Pierre Puy

Une pièce de femme, pour des femmes, sur des femmes. Loin de tous les débats, justifiés ou non, sur l’écriture « féminine », ici, Irène Helbing parle surtout de dominations, de manipulations, de souffrances de femmes qui ont subi et transmettent ces souffrances.

Une femme qui veut se libérer du poids familial, sa mère centenaire qui est en train de mourir et qui s’accroche à la vie, deux grands-mères mortes mais dont les voix résonnent… Tout cela autour d’un secret et d’un pauvre ours en peluche, Martin. Ce sera le point d’orgue ou l’acmé d’une fable où sont convoquées des vivantes et des mortes, des fantômes. Ces quatre sont des revenantes. Une à force de ne pas mourir, deux autres reviennent des plis de la mémoire. La quatrième continuera-t-elle à se sentir comme un fantôme tant qu’elle ne saura pas ? Alors on va s’expliquer ! Dans cette tragédie à la grecque qui convoque en nous le fond le plus intime, jusqu’à dénouer l’écheveau enfoui.

Pour moi, en tant que metteur en scène c’est un miel, corsé et parfumé : de telles figures féminines, de telles questions de théâtre à résoudre, de temps et d’espace. L’univers fantas(ma)tique où l’enfance est omniprésente, un jeu sur les âges qui d’emblée trouble et interroge. Des images venues des plis (des draps) de la mémoire, des voix venues de l’au-delà. Rêves et cauchemars.

Le théâtre pour moi, est un terrain de jeu : jeu des formes, des mots, des êtres, des émotions… Cette pièce nous invite à ces jeux et au fur et à mesure que nous avançons dans sa lecture, amusés, horrifiés, secoués, interloqués, nous sentons que c’est à nous vraiment qu’elle parle et qu’elle parle de nous, tous et toutes.

Rosas Leben-Kabarett

Conception : Aurélie Youlia
Mise en scène et scénographie : Pierre Puy
Jeu et chant : Aurélie Youlia, Franck Guilbert
Piano : Grant Airapetian
Textes : Bertolt Brecht, Karl Valentin, Julius Bab, Frank Wedekind, Silke Hassler, Gerhild Steinbuch, Aurélie Youlia
Chansons : Kurt Weill, Hanns Eisler, Friedrich Hollaender, Mischa Spoliansky

Résidence : Théâtre de la Girandole (Montreuil, novembre & décembre 2017)

Représentations : Théâtre de la Girandole (Montreuil, décembre 2017), Théâtre Comédie Nation (Paris, 2019)

Synopsis

Synopsis

Comme si tout devait sauter un jour – Genèse d’un projet

Après un voyage à Berlin et le décès de sa fille, Rosa va revenir dans son cabaret parisien. Elle va osciller entre souvenirs et évocations destinés à la soulager du poids de la mémoire. Elle va entonner un chant, amorcer des textes, sortir des objets de sa valise, se changer en s’adressant à son pianiste. Rosa va aussi convoquer des figures masculines avec la complicité d’un bonimenteur, qui incarnera les hommes de son passé, en écho aux souvenirs qui la hantent…

La métamorphose s’opère à vue. Par bribes on comprendra son histoire et les événements passés, qui l’ont fait revenir de Berlin. La cabarettiste dans un dedans-dehors va offrir à ce lieu, son histoire, sa voix, son humour, ses travestissements et de menus objets…

Nous avons là une mosaïque de grands textes et de chansons qui font état de l’éclatement de l’être de Rosas, fait de virages et de ruptures.

Le cabaret comme lieu du pauvre, du mauvais gout, de l’excès et des dérapages, du grotesque et de la farce. Le cabaret comme cri désordonné contre l’injustice et l’aberration du monde.

La figure de Rosa amorce une traversée de grands textes d’auteurs, de chansons et de poèmes qui résonnent entre hier et aujourd’hui.

Cette histoire ce sont les difficultés, les injustices, les maladresses, les ratés, qui prennent sens là où ça se
raconte, ça se chante, se joue, s’imite, se déclame comme condition humaine.

Quelques réflexions de mise en scène

Quelques réflexions de mise en scène

Rappelons une évidence : le « Cabaret allemand » n’est pas le cabaret français, ou plutôt pas tout à fait. Monter un spectacle de cabaret dit « allemand », c’est s’obliger à évacuer toute l’imagerie que nous autres, français de ces dernières décennies, pouvons véhiculer ou subir : femmes dénudées, bourgeois en goguette…

Le cabaret allemand raconte davantage d’histoires, est plus politique, plus provocateur. C’est ce « bouchon » là que nous essayons de pousser le plus loin possible et c’est toute l’originalité du travail d’écriture et de composition d’Aurélie Youlia.

Monter un Cabaret Allemand c’est se colleter à des auteurs âpres, rugueux dont on sent bien qu’avec eux « ça ne sera pas de la rigolade » (S. Beckett parlant de K. Valentin). Il est la vision grotesque du monde, revers de sa vision tragique. Et c’est cet aspect qui mène notre travail. Retrouver toutes ces révolutions esthétiques dont l’Expressionnisme… et Dada n’est pas loin ! Ni ses provocations.

Nous utiliserons des moyens plus ou moins sophistiqués, traditionnels ou plus modernes comme des marionnettes, du théâtre d’objets, des projections… mais tout reste dans le fond très simple : un piano et son pianiste sans qui il n’est rien, un présentateur-bonimenteur un tantinet marchand des quatre-saisons qui essaiera bien de nous vendre sa salade et… l’indispensable… la nécessaire… femme. Ah ! Cette femme ! Rosa ! Elle est là dans un but bien précis que nous découvrirons au fur et à mesure.

De retour dans ce cabaret qu’elle enchanta jadis, elle cherche sa fille, tragiquement disparue. Sa fille ou sa vie? Ou les deux! Et il lui faudra bien des tentatives, des évocations. Bien des invocations. Son compagnon de jeu, d’un œil tendre, attentif, incisif veille de loin sur elle et tente parfois de l’aider dans cette quête. Mais Rosa ne s’en laisse pas conter. C’est elle qui conte, qui raconte… se raconte. Avec Karl Valentin, B. Brecht, F. Wedekind…

Et elle chante ! Hans Eisler, Kurt Weill, Mischa Spoliansky ou Friedrich Hollaender! Un cabaret sans chanson, sans un peu de strass et de paillettes ? Sans farce un peu grinçante ? Impossible ! Et le pianiste est là !? Alors… Et on voudra même tirer sur lui.

Au final, quelle histoire ! Un happy end ? Espoir de « ce pays de nos bonheurs, de nos espoirs partagés ». Mais que de joies, de chagrins, de nostalgie pour atteindre ses rives. Nous vous prenons par la main pour cette traversée drôle, amère, douce parfois et grinçante souvent.

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Angéla De Vincenzo
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